Participants aux camps scientifiques de l’Université de Regina pour les jeunes autochtones de la Saskatchewan dans une activité d’apprentissage sur la terre.

Éducation

Un camp scientifique pour améliorer l’avenir des jeunes autochtones

4 août 2023

Lorsque Mel Hart, doyenne associée des sciences à l’Université de Regina, a aperçu Jacob* lors d’une activité d’orientation des nouveaux étudiants, elle ne pouvait contenir sa fierté. De voir un participant au camp scientifique pour les jeunes autochtones de la Saskatchewan poursuivre des études universitaires en sciences lui donnait l’impression que la boucle avait été bouclée. 

Les jeunes qui sont exposés à l’apprentissage par la science, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques (STIM) ont l’occasion d’acquérir de nouvelles compétences, de gagner en confiance et de découvrir des carrières qu’ils n’auraient peut-être pas considérées autrement. Cela est particulièrement vrai pour de jeunes autochtones comme Jacob qui participent aux camps scientifiques de l’Université de Regina pour les jeunes autochtones de la Saskatchewan (SCISIY), lesquels ont reçu une bourse du Comité d’investissement communautaire de TELUS pour le Manitoba et la Saskatchewan en 2023.

Selon un rapport du vérificateur de la Saskatchewan publié en 2023, moins de 50 % des étudiants autochtones obtiennent leur diplôme d’études secondaires dans les trois ans suivant le début de la 10e année, comparativement à 88,7 % des élèves non autochtones. Les camps scientifiques de l’Université de Regina visent à améliorer les taux d’obtention d’un diplôme et à susciter de nouveaux intérêts chez ces jeunes de 12 à 18 ans en leur offrant un accès à l’apprentissage par les STIM novateur et concret. 

« Nos camps scientifiques pour les jeunes autochtones de la Saskatchewan collaborent avec les collectivités des Métis et des Premières Nations pour favoriser l’apprentissage par les STIM dans un environnement ludique, unique et solidaire – avec la coexistence de la science occidentale et des perspectives autochtones », mentionne Douglas Farenick, le doyen de la faculté des sciences à l’Université de Regina.   

Approche à double perspective : mélanger la science occidentale et les points de vue autochtones


Participants aux camps scientifiques de l’Université de Regina pour les jeunes autochtones de la Saskatchewan assis en cercle.

Les camps scientifiques de l’Université de Regina pour les jeunes autochtones de la Saskatchewan sont le résultat d’une collaboration entre la Faculté des sciences de l’Université, l’Université des Premières Nations du Canada et des partenaires communautaires. Ces camps, qui ont lieu dans des collectivités de la Saskatchewan à forte concentration d’Autochtones, mettent l’accent sur l’immersion des jeunes dans le domaine de la science et l’éveil d’un intérêt envers les STIM. Cette initiative est concrétisée par la mise en place d’apprentissages culturels et basés sur la terre, ainsi que par des activités de programmation et de mathématiques élaborées par des professeurs et des leaders étudiants de la Faculté des sciences de l’Université. Ces leaders étudiants servent de modèles pour les jeunes, car les campeurs peuvent voir des gens qui leur ressemblent poursuivre des études postsecondaires et travailler dans des domaines liés aux STIM.

Le camp adopte une approche à double perspective, dans laquelle la science occidentale est appuyée par des points de vue autochtones. L’une des façons dont les camps relient la science occidentale aux pratiques autochtones est de permettre aux aînés de partager les savoirs traditionnels sur les sujets scientifiques abordés. Étant donné que bon nombre de ces jeunes autochtones n’ont pas accès à des aînés et à des gardiens du savoir locaux ni à un lien étroit avec leur culture, les camps offrent un espace sécuritaire pour apprendre les pratiques traditionnelles. Par exemple, une cérémonie traditionnelle signale le début des camps, et chaque journée commence par un rituel de purification. Des leçons importantes sur la signification, les traditions et la pratique des huttes de sudation, des tipis et des liens avec la terre et l’eau sont intégrées aux programmes.  

« Beaucoup de jeunes se présentent avec une attitude détachée, mais bon nombre d’entre eux repartent avec un grand sourire et un enthousiasme pour la science », a déclaré Karin Rustad, biologiste à l’Université de Regina et responsable de tous les camps. « Cet été, au début des camps, nous avions deux campeurs qui hésitaient à interagir avec qui que ce soit. À la fin, ils dirigeaient des activités et s’assuraient que tout le monde était mobilisé et s’amusait. »   

Un coup d’œil aux camps scientifiques de l’Université de Regina


Leader étudiant et campeur qui recueillent des échantillons d’eau d’un lac local.

Les programmes des camps ont été conçus pour montrer aux jeunes que la science, ce n’est pas seulement être assis à un bureau et lire un manuel; il s’agit également d’une aventure concrète qui a des liens avec les connaissances autochtones. Par exemple :

  • L’un des leaders étudiants a appliqué les notions apprises dans son programme de maîtrise afin de mettre sur pied une activité sur terre. Au cours de celle-ci, les campeurs font des randonnées en pleine nature pour identifier des espèces de plantes et les consigner dans un guide pour comprendre leur utilisation, leur nom traditionnel et leur signification. 

  • Puisque les collectivités où se déroulent les camps ont un lien profond avec les bassins versants, des trousses d’analyse en temps réel de la qualité de l’eau sont utilisées pour enseigner aux jeunes comment prélever des échantillons d’eau, prendre des mesures, analyser des données et établir un lien avec la santé de leurs lacs.

  • En ce qui concerne la programmation, une compétence essentielle dans les emplois de type STIM, les activités gravitent autour des jeux mathématiques et de l’utilisation de plateformes en ligne comme « code.org » et Snap pour enseigner les éléments fondamentaux de cette discipline. 


Favoriser le mentorat dans l’expérience de camp

Le mentorat est un élément clé des camps d’été. Les campeurs rencontrent des mentors issus de la communauté STIM de la Saskatchewan pour entretenir des relations établies pendant l’expérience du camp. Ces relations permettent aux jeunes comme Jacob d’établir un lien avec quelqu’un de l’Université, ce qui augmente leurs chances de poursuivre des études postsecondaires, surtout dans des programmes de STIM. Étant donné le faible taux d’inscription des étudiants autochtones dans les domaines scientifiques à l’université, ce volet de mentorat appuie l’objectif global du camp d’améliorer l’accès à l’éducation postsecondaire en STIM. Les mentors favorisent l’estime de soi et donnent aux jeunes la confiance dont ils ont besoin pour obtenir un diplôme universitaire. 

« Voir un campeur [Jacob] intégrer la faculté des sciences à l’Université après ses études secondaires fut très gratifiant pour moi et les autres leaders étudiants », avoue Karin Rustad. « Je pense que l’on verra de plus en plus de jeunes autochtones étudier dans les domaines de STIM si l’on favorise la croissance de notre camp d’été en programmation. »  

Inspirer de jeunes autochtones à découvrir de nouvelles possibilités de carrière 

Les partenaires de la Fondation TELUS pour un futur meilleur permettent aux jeunes d’apprendre des compétences essentielles qui leur ouvriront de nouvelles perspectives de carrière. Grâce à une bourse du Comité d’investissement communautaire de TELUS pour le Manitoba et la Saskatchewan, l’Université de Regina a pu élargir son programme de SCISIY et atteindre plus de jeunes habitant Fort Qu’Appelle et Prince Albert. Ensemble, nous aidons des jeunes comme Jacob à poursuivre des études universitaires dans les domaines de STIM.


*Nom modifié pour conserver l’anonymat du campeur

Explorez des articles similaires