
Bourses d’études
Guérir par l’art et la collectivité : l’histoire de Morgan
24 août 2026
Il y a trois ans, Morgan, artiste qui s’implique dans sa communauté métisse de la rivière Rouge, découvrait quelque chose de nouveau dans le bureau de sa thérapeute : une voie à suivre, fondée sur le souci des autres plutôt que sur la guérison. Sa thérapeute ne lui a pas seulement offert un soutien clinique, elle lui a offert des possibilités. « J’ai vu ta force, lui a-t-elle mentionné plus tard. Je croyais que tu étais capable de retourner à l’école, reprendre ta voix par l’art et l’écriture, et un jour, bâtir ta propre pratique de guérison. »
Cette conviction est venue après des années à vivre avec un trouble obsessionnel compulsif (TOC) sévère, une maladie qui, autrefois, rendait impossible le fait de quitter la maison. Aujourd’hui, Morgan en est à sa quatrième année d’une double majeure en arts libéraux et visuels à l’université. Cette transformation n’est pas seulement personnelle, elle est culturelle.
Les études libérales ont appris à Morgan que la lutte n’est pas isolée : elle est partagée, racontée et systémique. Les arts visuels lui ont donné le langage — par la céramique, la peinture, la sculpture et la performance — pour exprimer ce que les mots ne pouvaient dire. Ensemble, ces disciplines jettent les bases de sa future maîtrise en counseling et en thérapie par les arts de la scène.
Depuis six ans, Morgan redonne à la communauté, non pas par charité, mais par responsabilité. Toutes les deux semaines, Morgan anime un cercle de soutien gratuit dirigé par la communauté pour les femmes et les personnes s’identifiant comme femme, consacrant 15 heures par mois à créer un espace « pour partager ses expériences, joyeuses ou difficiles ». L’artiste a également fait du bénévolat auprès de collectifs agricoles locaux, établi des partenariats avec des écoles en forêt et organisé des rassemblements artistiques et des soirées de poésie, le tout ancré dans la compréhension métisse selon laquelle la guérison découle des liens : à la terre, à la nourriture, aux cérémonies et les uns aux autres.
« Ce travail n’est pas séparé de mes études, nous explique Morgan. C’est la raison pour laquelle je suis ici. Recevoir cette bourse ne m’aide pas seulement à terminer mes études — elle m’aide à continuer d’offrir un espace aux autres, comme quelqu’un l’a fait pour moi autrefois. »


